Les feuilles de figuier sont elles toxiques

Les feuilles de figuier sont elles toxiques ?

Réponse courte : oui, les feuilles de figuier demandent des précautions, mais elles ne sont pas à bannir.

Le principal risque vient du latex blanc, des furocoumarines et du contact avec les UV. La sève peut irriter ou brûler la peau, surtout après exposition au soleil. Les feuilles, elles, peuvent s’utiliser, se récolter ou se cuisiner, mais pas n’importe comment : il faut connaître les parties à éviter, les bons gestes de cueillette, les précautions en cas de contact avec la peau et les limites en cas de consommation.

Dans cet article, je t’explique les bases. Et si tu veux aller plus loin, notre livre Tout sur les feuilles de figuier détaille les risques, les parties à éviter, les gestes de cueillette, les dosages, les formes d’utilisation et les précautions pour utiliser le figuier avec précision.

Tu veux comprendre tous les risques liés aux feuilles de figuier ?

Notre livre complet Tout sur les feuilles de figuier explique en détail la toxicité du figuier : latex, furocoumarines, ficine, brûlures, cueillette, nervures, pétioles, consommation, cultivars plus sensibles et précautions d’usage.

Il permet de comprendre ce que l’on peut faire, ce qu’il vaut mieux éviter, et comment utiliser les feuilles de figuier avec plus de précision.


Les feuilles de figuier sont elles toxiques
Les feuilles de figuier sont elles toxiques ?

Le figuier est-il un arbre dangereux ?

Oui, le figuier peut provoquer des réactions importantes lorsqu’on le manipule sans précaution, surtout en présence de sève et de soleil. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut le fuir : il faut surtout comprendre comment il fonctionne.

Le figuier commun (Ficus carica) appartient au grand genre des Ficus, qui regroupe plus de 800 espèces. Toutes partagent un point commun : elles sécrètent un latex blanc, une « sève » épaisse qui s’écoule lorsque la plante est attaquée.

Ce latex est un concentré de molécules bioactives qui agit comme un moyen de défense contre les nuisibles. Cette arme biochimique dissuade en effet les insectes, champignons et animaux herbivores qui aimeraient s’y attaquer, et aide la plante à cicatriser et à reconstruire ses tissus.

Ceux qui ont déjà fricoté avec un figuier en plein été le savent bien… Quelques gouttes de latex sur la peau, un rayon de soleil, et l’affaire peut vite se compliquer : rougeurs, brûlures, cloques ou démangeaisons.

Il ne s’agit pas forcément d’une “allergie au figuier”, mais plutôt d’une réaction irritante et phototoxique liée aux composés présents dans le latex et les feuilles, notamment lorsqu’ils sont activés par les UV.

Pour comprendre ce risque, il faut regarder de plus près deux familles de molécules : la ficine et les furocoumarines.


Qu’est-ce qu’une molécule toxique ?

Le mot toxique fait souvent peur. Il évoque les poisons, les produits chimiques, les crânes sur fond noir. Et pourtant, dans le monde du vivant, la toxicité est toute relative.

Une molécule dite toxique n’est pas forcément mauvaise : elle devient nocive lorsqu’elle dépasse la capacité du corps à la métaboliser, à la neutraliser ou à l’éliminer.
Certaines molécules bénéfiques pour notre corps se révèlent en effet toxiques en cas d’excès. Par exemple :

  • La vitamine A, essentielle à la vision, devient dangereuse pour le foie lorsqu’on en consomme trop.
  • Le fer, indispensable à l’oxygénation du sang, est hautement oxydant s’il s’accumule.
  • Même l’eau, pourtant vitale, peut être mortelle lorsqu’elle est consommée en excès. On appelle cela l’hyponatrémie.

Certaines molécules peuvent aussi devenir toxiques en fonction de leur environnement. C’est le cas des furocoumarines qui activent leur caractère toxique lorsqu’elles sont exposées aux UVA. Pour autant, ces furocoumarines, antioxydantes et anti-inflammatoires, présentent des propriétés métaboliques très intéressantes, et leur toxicité est même exploitée pour guérir certaines maladies de peau.

C’est donc bien la dose qui fait le poison, mais dans la mesure où l’on parle d’aliments du quotidien, c’est surtout la méconnaissance qui fait le danger. Peu de gens savent finalement que les pommes de terre vertes contiennent de la solanine, puissamment neurotoxique, que la rhubarbe crue contient de l’acide oxalique, et que les légumineuses renferment de la lectine, ce qui impose de ne pas les manger crues sous peine de ressentir une ribambelle de troubles désagréables clairement assimilés à une intoxication.


Les molécules potentiellement dangereuses du figuier

Le figuier contient plusieurs composés actifs qui expliquent à la fois ses usages traditionnels, ses propriétés, mais aussi ses risques en cas de mauvaise utilisation.

Les deux familles à connaître en priorité sont la ficine, présente dans le latex, et les furocoumarines, impliquées dans les réactions phototoxiques.

Ce ne sont pas des molécules à diaboliser, mais elles imposent quelques précautions, surtout lors de la cueillette, du contact avec la peau ou d’une consommation importante.

seve de figuier phototoxique
La sève de figuier est phototoxique

La ficine

La ficine est une enzyme dite « protéolytique » : elle agit sur les protéines en les dégradant. En cas de contact avec la peau, elle est donc irritante et peut causer des cloques semblables à des brûlures.


Le latex, communément appelé « sève de figuier », est très riche en ficine. Il est donc tout à fait contre-indiqué d’appliquer la laitance qui coule des feuilles et des rameaux lorsqu’on les coupe sur la peau.

Les jeunes fruits sont également très riches en ficine. C’est elle qui est à l’origine des picotements que l’on ressent dans la bouche lorsqu’on grignote une figue immature. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est déconseillé de les consommer à ce stade.

Mais la ficine présente néanmoins différentes utilisations intéressantes, notamment pour soigner les verrues ou faire cailler le lait, et c’est pourquoi j’ai largement développé ces sujets dans le livre Tout sur les feuilles de figuier.

Les furocoumarines

Les furocoumarines sont des molécules naturelles dérivées des coumarines, considérées comme phototoxiques. Elles sont capables de se lier à l’ADN des cellules de la peau et, sous l’effet de la lumière ultraviolette, provoquent des dermatites allant du simple coup de soleil à des cloques et des brûlures du 2ᵉ degré.

Ces composés sont présents dans de nombreux aliments du quotidien. On les retrouve particulièrement dans les plantes de la famille des Apiacées comme le panais, le céleri ou encore l’angélique, mais aussi dans la plupart des agrumes et notamment dans le pamplemousse.

Les furocoumarines peuvent interagir avec les cellules de notre peau, soit à la suite d’un contact direct, soit après ingestion, et elles deviennent toxiques lorsqu’elles sont exposées au soleil.

Le figuier, lui aussi, synthétise des furocoumarines. On les retrouve en particulier :

  • dans le latex
  • dans les organes qui contiennent du latex
  • sur les feuilles*

*C’est pour cette raison qu’un simple contact avec les feuilles, suivi d’une exposition au soleil, peut engendrer des brûlures.

    seve de figuier continent des furocoumarines et de la ficine
    La sève de figuier contient des furocoumarines et de la ficine

    En cas de brûlure liée au figuier

    Il est recommandé de bien s’équiper lorsque l’on récolte des feuilles de figuier (ou des figues), ou lorsque l’on taille un figuier : gants, vêtements longs, crème solaire.

    En cas de contact direct avec la sève ou avec les feuilles :

    • rincer abondamment à l’eau froide
    • puis protéger la peau des UV avec des vêtements couvrants ou de la crème solaire
    • surveiller l’évolution : les manifestations peuvent apparaître dans les 12 à 24 heures après l’exposition.

    En cas de contact direct avec la sève ou avec les feuilles, rince abondamment la zone à l’eau tempérée pendant plusieurs minutes, puis protège la peau des UV avec un vêtement couvrant.

    Les manifestations peuvent apparaître plusieurs heures après l’exposition : rougeurs, sensation de brûlure, cloques, démangeaisons ou taches persistantes.

    En cas de brûlure étendue, de cloques importantes, de douleur forte, d’atteinte du visage, des yeux ou des muqueuses, ou si les symptômes évoluent mal, il faut demander rapidement un avis médical.

    brulures à la sève de figuier
    brulures à la sève de figuier

    Peut-on manger des feuilles de figuier ?

    Les feuilles de figuier sont comestibles, mais du fait de ces molécules potentiellement dangereuses, leur utilisation culinaire doit rester raisonnable et maîtrisée.

    Raisonnable, car le niveau de toxicité des furocoumarines dépend de la quantité ingérée.

    Maîtrisée, car c’est uniquement lorsque les furocoumarines sont exposées au soleil qu’elles deviennent toxiques.

    A noter que :

    • certaines variétés de figuier sont plus concentrées que d’autres en furocoumarines, notamment la Noire de Caromb et la Dalmatie,
    • certains aliments sont naturellement riches en furocoumarines (comme le panais). Il est donc préférable d’éviter les associations.
    • certains procédés extraient très très bien les furocoumarines (l’alcool notamment !)

    Utiliser les feuilles de figuier sans prendre de risques pour sa santé

    Ces informations donnent les bases. Mais pour utiliser les feuilles de figuier avec précision et sans prendre de risques pour la santé, il faut aussi comprendre les dosages, les parties à retirer, les différences entre feuilles fraîches, feuilles sèches, poudre et paillettes, les procédés qui extraient le plus les composés actifs, et les précautions selon les usages.

    Tout cela est largement développé dans notre livre Tout sur les feuilles de figuier !

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    TOUT SAVOIR sur les feuilles de figuier

    Si cet article t’a permis de mieux comprendre les risques liés aux feuilles de figuier, notre livre Tout sur les feuilles de figuier te permettra d’aller beaucoup plus loin.

    Ce n’est pas seulement un livre de recettes !
    Fruit de plusieurs années de recherches, d’expérimentations et d’échanges avec des chefs, artisans et experts, ce livre explore les feuilles de figuier sous toutes leurs facettes : aromatiques, thérapeutiques, cosmétiques, domestiques.
    C’est un guide complet, fiable et rigoureux qui permet de comprendre comment utiliser les feuilles de figuier avec précision, et sans prendre de risques pour sa santé.

    Il détaille notamment :

    • les précautions de cueillette et de manipulation ;
    • les risques liés au latex, à la ficine et aux furocoumarines ;
    • les parties à retirer ou à éviter ;
    • les différences entre feuilles fraîches, feuilles sèches, poudre et paillettes ;
    • les dosages et les formes d’utilisation ;
    • les procédés qui extraient le plus les composés actifs ;
    • les cultivars plus riches en furocoumarines ;
    • les accords aromatiques et les usages culinaires ;
    • les usages cosmétiques et domestiques ;
    • et 23 recettes originales avec des feuilles de figuier.

    Tout sur les feuilles de figuier
    Un livre de botanique culinaire inédit
    153 pages

    Tout sur les feuilles de figuier - comment les utiliser - botanique culinaire

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    Note :

    Les informations décrites dans cet article proviennent d’ouvrages de référence en phytothérapie, médecine traditionnelle et botanique. Elles sont données à titre informatif, et ne sauraient en aucun cas constituer une information médicale, ni engager notre responsabilité. N’hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour en savoir plus.

    Sources :

    • Le petit Larousse des plantes qui guérissent – 500 plantes et leurs remèdes | F. Couplan, G. Debuigne | 2016 | Larousse
    • Les plantes sauvages comestibles et toxiques | F. Couplan, E. Styner | 2020 | Guide Delachaux
    • Le figuier | P. Braut | 2007 | Edisud
    • Les autres sources sont à retrouver dans le livre  » Tout sur les feuilles de figuier « 

    Note sur l’Auteure :

    Ingénieure issue d’une formation universitaire en physique et chimie organique, Bénédicte Gory se consacre à l’étude et à la valorisation des plantes sauvages de nos régions et crée LE JARDIN E(S)T LA RECETTE en 2018 pour encourager le retour à la terre, le réensauvagement des parcelles et l’alimentation locale.

    Reconnue pour son approche rigoureuse et scientifique de la botanique culinaire, et pour l’audace de ses créations, elle collabore avec des chefs, artisans, producteurs et écoles de cuisine souhaitant valoriser les plantes sauvages dans le plus grand respect de la réglementation et de la sécurité alimentaire.

    Avec le mouvement JE SUIS UNE MAUVAISE GRAINE, elle souhaite aider chacun à renforcer son autonomie et avancer vers une vie plus naturelle, grâce à la connaissance. En mobilisant l’expertise qu’elle a acquise au fil de ses recherches, de ses rencontres avec des experts engagés et de ses expérimentations, elle propose des contenus fiables, complets et accessibles au plus grand nombre.

    LE JARDIN E(S)T LA RECETTE, c’est quoi ?

    Nos industries et notre façon de consommer détruisent notre santé, notre société et la biodiversité. Il est donc urgent de construire de nouveaux modèles garantissant notre résilience alimentaire et protégeant la biodiversité, clé de voûte de nos écosystèmes.

    LE JARDIN E(S)T LA RECETTE est une entreprise Sociale et Solidaire (agrément ESUS) qui œuvre pour que les plantes sauvages comestibles de nos régions permettent une alimentation plus juste, plus locale, plus durable et plus autonome.

    Experts des plantes sauvages et de la botanique culinaire, nous inscrivons notre démarche dans une approche scientifique rigoureuse et des pratiques respectueuses des ressources et de la santé humaine.

    La botanique culinaire relie la science des plantes à l’art de les transformer en cuisine, en tenant compte de leurs caractéristiques botaniques, de leur composition et de leurs impacts physiologiques, afin d’explorer leur potentiel aromatique en toute sécurité.

    Nous sommes adhérents à l’Association Française des Professionnels de la Cueillette de Plantes Sauvages et soutenons le syndicat SIMPLES

    Et pour en savoir plus sur l’initiative, c’est par là …

    A bientôt !

    Savoir et botanique culinaire, pour utiliser les plantes sauvages en toute sécurité
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